Le nouveau timbre du jour du Souvenir de Postes Canada rend hommage aux Canadiens d’origine chinoise qui se sont portés volontaires pour participer aux opérations secrètes alliées derrière les lignes japonaises en Asie pendant la Seconde Guerre mondiale.
Environ 150 Sino-Canadiens se sont enrôlés dans la Force 136 sous l’autorité de la Direction des opérations spéciales britannique ou du Services Reconnaissance Department australien. Après avoir été formés au sabotage, aux opérations radio, au parachutage, aux tactiques de guérilla et à la survie dans la jungle, les soldats ont été déployés pour soutenir la résistance locale, recueillir des renseignements et perturber les opérations ennemies. En plus de la menace constante de capture, de torture et de mort, ils ont dû affronter la chaleur extrême, les insectes et les maladies. Certains militaires ont été déployés vers la fin de la guerre, tandis que d’autres étaient encore en entraînement à la fin du conflit.
Leur service a été d’autant plus remarquable qu’à l’époque, les personnes sino-canadiennes étaient confrontées à la discrimination raciale et privées de nombreux droits.
« Avant et pendant la Seconde Guerre mondiale, l’exclusion est une réalité constante pour la population sino-canadienne », explique Catherine Clement, une historienne communautaire qui a beaucoup étudié l’histoire militaire des Canadiens d’origine chinoise. « Exclusion de la citoyenneté, exclusion de la possibilité de vivre où bon leur semble, exclusion de certaines professions. »
Même les personnes d’origine chinoise nées au Canada étaient reléguées à un statut de seconde zone et nombre d’entre elles devaient même être munies d’un certificat d’immigration. En Colombie-Britannique, où vivait la plus importante communauté d’origine chinoise, les mesures de ségrégation et les restrictions d’emploi étaient répandues. De plus, le droit de vote leur était refusé. Lorsque certains tentent de s’enrôler au début de la guerre, ils se voient refuser l’accès au service militaire en raison de la discrimination raciale.
La situation a changé lorsque les forces japonaises ont envahi des territoires en Asie du Sud-Est. Les stratèges alliés avaient alors besoin de volontaires ayant les compétences linguistiques et les connaissances culturelles nécessaires pour collaborer avec les groupes de résistance locaux et se fondre dans la population. Les Sino-Canadiens qui avaient été exclus ont soudainement été recrutés pour mener des missions clandestines dangereuses.
Pour la plupart, l’engagement militaire représentait plus qu’un soutien à l’effort de guerre des Alliés. C’était également l’occasion de démontrer leur loyauté envers un pays qui ne les reconnaissait pas encore comme des membres à part entière de la société.
« Et pour prouver qu’ils étaient Canadiens, ces hommes ont choisi de se battre pour leur pays », explique Mme Clement.
Leur service pendant la guerre a renforcé le plaidoyer de la communauté sino-canadienne en faveur de l’égalité des droits. À leur retour, les anciens combattants se sont engagés auprès d’organismes communautaires, de médias, d’églises et de syndicats pour revendiquer des changements. En 1947, deux ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, la population sino-canadienne obtient la pleine citoyenneté et le droit de vote. La même année, la Loi de l’immigration chinoise, qui empêchait presque toute immigration chinoise au Canada, a été abrogée.
Une conception inspirée des documents du temps de la guerre
Conçu par l’entreprise torontoise Clear Space, le timbre évoque les documents militaires officiels de l’époque.
« Chaque soldat ou membre de l’armée recevait un certificat officiel du gouvernement, explique Will Hum, cofondateur de Clear Space. Le document indiquait, entre autres renseignements, le nom de la personne et son numéro d’unité. À l’époque, il ressemblait à un document officiel, avec une écriture manuscrite, une police de caractères Courier et une apparence très pratique. C’est ce qui a inspiré ma conception. »
Le timbre présente une photo en noir et blanc prise en Angleterre en 1945. On y voit des membres de la Force 136 revenus d’Asie et en attente d’un rapatriement au Canada. L’image est superposée d’un phénix rouge basé sur l’insigne du Southeast Asia Command des Forces alliées.
La police de style machine à écrire et la calligraphie manuscrite en anglais, en chinois traditionnel en français, rappellent le caractère utilitaire ainsi que la dimension humaine des documents de guerre. Will Hum a fait appel à son père, James Hum, né en Chine, pour créer la calligraphie chinoise.
Pour Will Hum, le projet a revêtu une importance toute particulière.
« Le récit de la Force 136 a une résonance personnelle, parce que, comme Canadien d’origine chinoise, je suis très reconnaissant pour ce que ces membres ont vécu et ce qu’ils ont fait, dit-il. Ils y ont vu une occasion de faire quelque chose pour le pays et aussi pour leur culture, d’obtenir du respect et éventuellement d’attirer l’attention du gouvernement. »
Tenus au secret, les membres de la Force 136 ne parlaient que rarement de leur service, même à leur famille. Par conséquent, leur histoire est demeurée largement méconnue pendant des décennies.
Le nouveau timbre contribue à la faire sortir de l’ombre. Il rend hommage à la détermination et au courage des Sino-Canadiens qui se sont portés volontaires pour servir leur pays à l’étranger tout en participant à la transformation de la société canadienne.

Produit : carnet de 6 timbres PermanentsMC 2026 de la FORCE 136
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Quantité : 120 000 carnets de 6 timbres PermanentsMC
Procédé d’impressions : Lithographie en 2 couleurs
Prix : 7,44 $
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Lieu d’oblitération : Vancouver, Colombie-Britannique
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Article : 404333107
Quantité : 9 000
Prix : 6,20 $
Design : Clear Space
Calligraphie : James Hum
Impression : Colour Innovation
Le timbre du jour du Souvenir rend hommage aux Sino-Canadiens de la Force 136
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